Malheur de chance ?

Kouamé est un diplômé en marketing et management et un « chômeur diplômé¹ ». Après son Master 2 obtenu dans l’une des meilleures universités de la place, celui-ci peinait à trouver du travail. Résidant dans la commune de Yopougon à Abidjan , il passait d’entreprise en entreprise pour y déposer ses dossiers dans l’espoir d’être appelé un jour. Il postulait également en ligne sur les sites de recherche d’emploi. Mais jusque-là, rien ! Pas de bonnes nouvelles. Aucun résultat favorable. Nonobstant cela, il ne se décourageait guère. Gérant sa petite cabine téléphonique dans les environs de la SIPOREX, ce dernier arrivait à s’occuper de ses petits besoins sans toutefois emmerder ses parents qui jusque-là l’avaient beaucoup épaulés. Il appliquait ses connaissances en Maketing et management dans son business et cela marchait bien. Mais combien gagne-t-on dans cette affaire pour pouvoir vivre dignement pour quelqu’un de mon niveau ? S’interrogeait-il à chaque moment. Non ! Ma place n’est certainement pas derrière cette cabine. Marmonna-t-il en secouant la tête. C’est alors qu’un soir, après avoir fini de gérer sa cabine, ce dernier passa dans un cyber pour consulter ses mails et postuler à nouveau sur les sites de recherche d’emploi. Une fois au cyber, celui-ci paya un temps de connexion d’une heure 30minutes. Il consulte rapidement ses mails avec l’espoir d’avoir de bonnes nouvelles mais rien de bon. Il se met donc sur les sites de recherche d’emploi tout en prenant son temps pour lire les différentes offres et propositions d’emploi. C’est ainsi, qu’il tomba sur une offre qui attira aussitôt son attention car, ses compétences et son niveau d’étude correspondaient au profil recherché par l’entreprise. Sans attendre la moindre minute, Kouamé fouilla dans la paperasse que contenait sa clé USB et sorti un CV bien fait plus une lettre de motivation rédigée d’avance. Il actualisa cette lettre en y incluant les coordonnées de l’entreprise puis joignit son CV et postula à l’offre. Trois jours plutard, il reçoit un appel provenant d’un numéro fixe. C’est avec un peu de peur qu’il décrocha son téléphone.
-Allô ! Dit-il
-Oui Allô, bonjour Monsieur, vous êtes bien Monsieur Kouamé A. j’espère ?
-Oui oui, c’est bien moi ! Repondit-il
Et le Monsieur poursuivit :
-Ok !  Vous avez été retenus pour un entretien d’embauche. Donc nous vous prions de vous rendre dans notre entreprise dès le lundi à 8 heures 30.
-Kouamé: Bien reçu Monsieur !  Je serai là le Lundi dès la première heure.
-Nous vous y attendons. Bonne journée à vous ! Répondit le Monsieur avant de raccrocher.
Kouamé n’en revenait pas. Waaaahou mon Dieu !!! Tu es merveilleux ! s’écria-t-il avec un air d’alacrité incommensurable. Nous étions déjà au vendredi. Dès ce instant, il ne savait plus quoi faire exactement. Je dois rentrer en même temps pour préparer mes tenues pour l’entretien de Lundi, se dit-il. Il faut que j’apprête tout afin d’éviter les mauvaises surprises, ajoute-il, avant de ranger ses affaires pour rentrer à la maison.
Une fois dans sa bicoque, celui-ci choisit un ensemble de vêtement tout neuf qu’il avait retiré chez son couturier, il y a cinq jours. C’était un pantalon tissu noir avec une chemise blanche dont l’intérieur du col était biffé de tissu noir créant ainsi une harmonie de couleur. Il les repassa à nouveau et les rangea soigneusement. Il prit également la peine de cirer sa paire de soulier au couleur noire. Celle-ci scintillait de tout éclat après avoir été bien nettoyée et cirée. Tout était fin prêt. Alors, Kouamé tira un carton remplit de documents de Marketing, de management et de communication. Il feuilleta quelques-uns, histoire de se rappeler un peu des cours. Il le fit du samedi au dimanche. Nous sommes au Lundi matin. Il fait beau ! Le temps est clair et pas de menace de pluie. Kouamé sort de sa bicoque bien endimanché dans son ensemble harmonieux. Il fait environ cinq minutes de marche avant de rejoindre la voie bitumée, pour enfin emprunter son taxi. A peine, sur la voie, il en gagna aussitôt. Il était 6 heures 45min et l’entretien étant à 8 heures 30, il n’avait donc rien à craindre. Il avait emprunté un taxi-course. Il était le seul passager à bord avec le chauffeur. Serein, il pensait déjà à son entretien et à son boulot, quand le conducteur brisa son silence.
-Vous êtes bien sapés, Monsieur ! Balança le teneur du volant.
Tout supris, kouamé lui fit un sourire avant d’ajouter merci bien !
-Vous allez à un rendez-vous important on dirait ? Demanda le Chauffeur.
-Oh ouiii ! On peut dire ça. Répondit-il tout souriant.
-Bonne chance pour votre rendez-vous donc ! Termina le chauffeur.
-Merci bien, c’est très gentil. Rétorqua Kouamé.
A l’observer, Kouamé était impavide.
Après quelques 10 minutes de route, le taxi arrive enfin dans la commune du plateau. Soudain, contre toute attente, pendant que le chauffeur roulait normalement sans problème, il fut percuté violemment par une grosse cylindrée qui roulait à vive allure. Et, cela engendra ainsi un accident matinal. Le chauffeur quant à lui, ne fut pas touché mais Kouamé qui se trouvait à l’arrière du véhicule fut accidenté effroyablement. Il baignait dans son sang pendant que le chauffeur à bord de l’autre véhicule et une dame descendirent pour constater les dégâts causés. Vu l’état dans lequel était l’accidenté, la dame ordonna le transport immédiat de ce dernier aux Urgences. C’est une dame qui doit être nantie au regard de son apparence car, elle allait sans doute au travail avec son chauffeur. Une fois au CHU de Cocody, ils furent accueillis rapidement aux Urgences. Sur le lit, après les premiers soins nécessiteux, Kouamé ouvrit la bouche après quelques heures en prononçant ces quelques mots : -Seigneur ! Et mon entretien ? Quelle heure fait-il ? Je ne dois pas rater cet entretien d’embauche svp ! Où suis-je d’ailleurs ?
Et le médecin en charge de son cas, lui fit comprendre qu’il est à l’Hôpital et que tout ira bien. Et la dame, toute heureuse de savoir que celui-ci va bien, lui demanda de se calmer et que tout se réglera plutard une fois qu’il sera bien sur pied. Mais ce dernier ne faisait que parler de son entretien d’embauche. Cette insistance a amené la dame à lui demander : « -Mais, Monsieur, de quel entretien s’agit-il exactement ?  »
-Kouamé: Madame, j’ai un entretien d’embauche dans une entreprise au plateau. C’était à 8 heures 30 et il est maintenant 11 heures 30, je suis foutu Madame.
-La Dame : Non, ne dites pas ça. On trouvera une solution à votre problème. Mais déjà, donnez-moi le nom et le numéro de l’entreprise en question, pour que je puisse appeler afin de leur faire part de la situation.
Lorsque Kouamé dans sa souffrance se demerda pour donner le nom et le numéro de l’entreprise, la dame fut éberluée. Très très surprise car, par coïncidence, il s’agissait en réalité de l’entreprise de son époux dans laquelle, elle travaille aussi en tant que Directrice Marketing et communication. Par coïncidence de confidence, elle fait savoir à Kouamé qu’il s’agit de l’entreprise dans laquelle, elle travaille en tant que Directrice Marketing et communication. Et qu’il n’a pas à s’inquiéter pour son entretien. Pour l’heure, le plus important est qu’il se rétablisse promptement. Cette nouvelle fut apotropaïque pour ce dernier car, il avait encore la possibilité de faire son entretien.  Cependant, contre toute attente, après son rétablissement, il fut embauché directement en contrat à durée indéterminée (CDI) avec un bon salaire de son niveau d’étude sans même faire l’entretien.  Pour la dame, certes, c’était en quelque sorte, une occasion malheureuse car, cet accident a failli lui coûter la vie, mais fort heureusement, Dieu a empêché cela. Et finallement, elle et son mari  s’estiment heureux d’avoir aidé ce dernier à trouver de l’emploi. Pour eux, c’est par leur faute qu’il a été accidenté donc l’épauler devient plus que normal.   Grâce à cet accident, la vie de Kouamé a donc changé positivement. Ayant été embauché de la sorte, il a aussi  démontré sa compétence et sa capacité dans son domaine et très tôt, il fut nommé Directeur Adjoint au departement Marketing et Communication de l’entreprise. Selon lui, l’accident a contribué à son succès. Sinon, peut-être qu’il aurait échoué à l’entretien et perdre le boulot. Qui sait ? Donc ça été, si on peut le dire ainsi, un malheur de chance…

1-chômeur diplomé: est une expression utilisée pour désigner quelqu’un qui a duré dans la recherche d’emploi. Un sans emploi de longue date en quelque sorte.

Un article écrit par Michel  M. ALIHONOU

Le vendredi 27 Janvier 2017 à 23:52

2 réflexions sur “Malheur de chance ?

  1. Ainsi va la vie! Kouamé malgré ses multiples demandes sans succès, ne s est pas découragé. Il a confiance en lui et sait au plus profond de lui qu il mérite mieux qu une cabine téléphonique. Résultat de sa persévérance et de sa foi,un embauche sans passeypar l entretien… Dieu lui a tracé son chemin,et il le fait toujours à ceux qui persévèrent dans la foi , dans le travail…

    Beaucoup de courage à toi et bonne continuation Mike!!!

    Aimé par 1 personne

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