Okromodou: le commerce de fruits, un commerce à haut risque ?

 

Nous sommes à Okromodou, un village situé au sud-ouest de la Côte d’Ivoire dans la région du Gbôklè à près de 200km d’Abidjan. L’activité principale des habitants est l’agriculture même s’il y a une minorité qui exerce des métiers. Le marché est plus dominé par les femmes qui commercialisent presque tout. Nous nous sommes intéressés aux femmes qui font le commerce de fruits. Il faut dire que ces femmes vont acheter les fruits ( orange, mandarine, avocat, papaye, ananas, etc.) dans les campements environnants le village à des prix très bas pour aller les revendre à Abidjan. Parfois, elles gagnent des bénéfices importants mais souvent, elles réalisent d’énormes pertes aussi. Nous avons donc essayé de comprendre comment fonctionne ce commerce en interrogeant quelques femmes qui ont pris le temps non seulement de répondre à nos questions mais aussi et surtout profiter de notre canal pour étaler les énormes difficultés qu’elles rencontrent dans ce village. À les entendre parler, on comprend que ces femmes battantes, ces mères de familles souffrent énormément lorsqu’elles acheminent leurs produits vers Abidjan. D’abord, il faut dire qu’elles déplorent toutes, le manque total de voie véritable pouvant faciliter l’acheminement rapide des produits vers les villes les plus proches avant d’embarquer pour Abidjan. Sur la question de l’état de la route, deux parmi ces femmes ont laissé entendre ceci : « Nous souffrons trop dans ce village. Il n’y a pas route. Toute est gâtée comme ça. Souvent, quand on achète les fruits et qu’on veut sortir, à cause de la route là, on gagne pas voiture et tous les fruits pourrissent dans nos mains. Ça fait très mal. Et, nos autorités ne pensent même pas à notre situation. Mais quand c’est pour venir battre campagne là, ils sont premiers…>> Nous confie Djénéba. Et Bernadette renchérit ensuite : << humm ! Ici là, pour sortir, c’est un problème et pour revenir aussi c’est autre problème. On souffre trop. Commerce de fruits là même, souvent on gagne bénéfice quand on a la chance sinon, on perd beaucoup. Mais on ne peut pas s’asseoir à la maison alors qu’on a des enfants qui doivent manger oh. C’est pourquoi on est toujours dedans là. Sinon ce n’est pas facile. D’autres pensent que nous gagnons trop d’argent pourtant, il n’en est rien. C’est nous qui savons le calvaire que nous vivons.>>  Visiblement, la seule voie dont dispose le village est très dégradée. Nous pensons que l’État doit penser à désenclaver nos villages en créant de véritables voies d’accès afin de faciliter les échanges. Nous avons nous mêmes constaté les difficultés dans lesquelles ces populations vivent. Surtout pour les personnes qui font le commerce en général et singulièrement celles qui font le commerce de fruits qui est un commerce très risqué. Nous espérons que l’émergence tant prônée atteindra d’ici peu, nos villages qui jusque-là, souffrent cruellement du manque d’infrastructures véritables pour leur développement.

 

Michel ALIHONOU

4 réflexions sur “Okromodou: le commerce de fruits, un commerce à haut risque ?

  1. C’est toute affaire vrai parce que je connais très bien ce village. J’étais charger de suivi évaluation dans L’ONG le soutien à l’époque, et je partais sensisibiliser dans ce village. Je le souviens très bien de mon calvaire. Et pendant ce temps, le Ministre Alain LOBOGNON battait campagne dans ce village et il faisait la promesse de réparer la route aux habitants de ce village au cas si ils l’ont élu. Mais grande fut ma surprise des années après que j’ai visiter le village et ce dernier n’avait rien faire pour ce village. Et c’est depuis ce temps que j’ai vraiment compris que la politique c’est le mensonge et la malhonnêteté.

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  2. Je loue le travail que vous avez abattu, mais je me pose une question en même temps. Quelle oreille écoutera ce cri de cœur? Celle du sourd? Je reste convaincu que nos dirigeants aimes les bons fruits, mais s’en moque éperdument de la provenance voir les commodités d ‘acheminement jusqu’à leurs portes. Je meurs lorsque j entends nos bourreaux de politiciens jaser. J aurais préféré que les Blanc nous gouvernes car eux au moins on penser à construire des chemins quand bien même que ce soit pas leur pays. Le Nègre reste toujours le nègre: loin du gateau, il est JESUS mais devant le gateau il devient le diable incarné………

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    • Dommage ! Je me demande aussi à quel saint allons-nous nous vouer étant dans ces conditions là. Parfois, je prends un temps, un moment de réflexion pour comprendre les raisons des malheurs de notre Afrique et je me résume que l’Africain est la propre source de son malheur. En effet, je pointe objectivement du doigt nos dirigeants qui sont à la racine des maux qui minent le monde africain. Certes, en quête de pouvoir, ceux-ci conjugent les meilleurs verbes et construisent les plus belles phrases du monde, s’érigeant ainsi en de véritables poètes charmeurs et baratineurs, mais une fois le voeux réalisé, Adieu les réalisations promises. Tu l’as si bien dit, ce sont des sourds, muêts et aveugles qui réfusent d’écouter et de voir. Quelle désolation ! Et finalement, l’espoir qui jusque-là, nous mène à continuer notre vie, commence, dirait-on à tarir de sa source. Quand tu essaies de parler pour dire quelque chose qui contrarie leurs idéaux, alors bonjour à ta poursuite pour essayer de te faire taire à tout jamais. Est-ce là,la bonne gouvernance tant promue dans les médias ? Vivement que Dieu nous aide. Merci pour ton commentaire !

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