Motivation

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Je suis Miriam mais le plus souvent on m’appelle mimi. Je fais le commerce dans la ville d’Abidjan. Livrée à moi même dès mon plus jeune âge, j’ai commencé par la commercialisation d’eau glacée à Adjamé. La vie était tellement dure pour moi à cette période de mon âge que, je priais souvent Dieu de venir me chercher (pensée d’une gamine). Mais, avec le courage, je surmontais toutes les difficultés sur mon chemin. Mon travail consistait à me promener avec de l’eau glacée sur la tête de matin jusqu’au soir sans oublier que circuler à Adjamé ( une commune toujours noir de monde ) est déjà un calvaire. Je travaillais pour ma tante Fatou, une femme vraiment invivable. Je ne parlerai même pas de ce que je subissais comme souffrance avec elle. D’ailleurs, ce qui m’a le plus marqué, c’est ce qui suit. Un jour, alors que je vendais de l’eau, j’ai été violemment bousculée par des gens pendant que,  je me frayais un passage sur le boulevard Nangui Abrogoua. Puis, malheureusement,  je suis tombée avec la cuvette contenant de l’eau glacée. Ensuite, tous les sachets d’eau se sont cassés. Il y avait à peine 2 sachets restés intactes, que j’ai pu ramasser. Je savais dès cet instant, que je venais d’avoir un sérieux problème avec ma tante. Une fois à la maison, j’expliquai ce qui m’est arrivé à cette dernière. Sans même se soucier de mon état de santé à savoir si, je suis blessée ou pas, elle a commencé à m’insulter et me traiter de tous les noms. Voici ses quelques injures qui sont restées gravées dans ma mémoire: « sale petite voleuse et menteuse. Dis plutôt que tu as tout vendu et que tu as caché mon argent oui. Idiote là, je te donne jusqu’à 18 heures pour me donner mon argent. Sinon, tu verrais de quoi je suis capable… »  Pour précision, c’était en « dioula » qu’elle avait prononcé ces mots. J’ai tout essayé pour lui expliquer que je ne mentais pas mais, elle n’a pas voulu me croire. Ce jour-là, elle me bastonnat sévèrement jusqu’à me blesser, et j’ai encore cette cicatrice sur mon bras gauche. C’est ainsi qu’après une semaine, j’ai décidé de la quitter car, j’en avais marre. J’ai donc rejoint mon amie Korotoum, ma meilleure amie qui vivait encore chez ses parents. Avant mon arrivée chez eux, elle en avait déjà parlé à ses parents. C’est suite à leur accord, que j’ai intégré leur famille. Ils m’ont accueilli avec joie et j’étais heureuse d’y être. N’ayant rien pour démarrer mon commerce d’eau glacée, j’ai demandé un prêt de 3000f à la mère de mon amie. Laquelle somme m’a permis de débuter mon commerce. J’ai d’abord acheté une cuvette à 1000f avec laquelle j’allais transporter l’eau pour vendre. Et je m’approvisionnais le parquet contenant trente sachets d’eau à 500 F dans les grandes boutiques. N’ayant pas de frigo, j’achetais de la glace d’au moins 100f pour les concasser sur les sachets d’eau puis je charge la cuvette sur ma tête et je pars vendre en criant  » ya de l’eau Awa bien glacée. De l’eau ? De l’eau ?  « . Je vendais un sachet d’eau à 50F. Il faut noter que je pouvais vendre au moins trois à quatre parquets par jour. Désormais, je n’avais donc plus à travailler pour quelqu’un. En une semaine d’après, j’ai remboursé mon crédit. Et j’ai commencé à faire mes petites économies. Tout allait bien avec mon amie Korotoum et sa famille. Il n’y avait pas de disputes et d’emmerdements. Après un an, j’ai fait mon bilan et, sachant que je gagnais en moyenne 2000f comme bénéfice par jour, j’épargnais 1500f. C’est ainsi que, j’ai alors pris mon économie d’un an, pour créer un petit magasin de produit cosmétique dont, j’ai confié la gestion à la sœurette de Korotoum. Je n’avais que 18 ans peine. Puis, j’ai continué mon commerce habituel pendant un bon moment avant de me lancer plutard dans le commerce de pagne, tout en développant petit à petit mon magasin de produits cosmétiques. Sans mentir, tout marchait bien par la grâce de Dieu. Orpheline et N’ayant pas de bonne famille derrière, je me devais de me faire une place dans cette société difficultueuse. Donc, je ne me laissais même pas distraire par les garçons qui m’approchaient pour me parler d’amour. Je n’avais que mes affaires en tête. Étant donné que,  je pouvais maintenant me prendre une petite maison, j’ai décidé de partir de chez mon amie à qui je dois tout. Pour être reconnaissante envers elle et sa famille, j’ai crée un grand magasin de produits cosmétiques pour sa petite soeur Fati qui gérait le mien en son temps. Toute sa famille était joyeuse et fière de moi. Par ailleurs, je me suis également essayée dans le commerce de « Bazin » en plus des pagnes, chaussures et produits cosmétiques. Le comble, c’est que ça marchait véritablement car je vendais du vrai bazin de qualité. Je tournais autour de 25ans maintenant. Et à cet âge, j’allais déjà au Mali, Burkina, Guiné… Pour faire des achats et venir revendre. Je ne m’en revenais pas souvent quand, je pense que, dans un passé récent, j’étais une enfant maltraitée et dépourvue de tout droit. Dorénavant, propriétaire de plusieurs grands magasins à Abidjan et à l’intérieur du pays, je ne faisais que circuler de magasin en magasin pour contrôler et voir l’évolution de mes affaires. A 27 ans, j’avais à mon actif, dix (10) employé(e)s à qui,  je versais mensuellement un salaire. Dès l’âge de 29 ans, je me suis mariée avec Abdul, 32 ans et chef d’entreprise. Nous avons déménagé dans notre nouvelle maison à Cocody riviera-palmeraie. Deux années après notre mariage, j’ai acheté ma propre voiture. Tout fonctionnait à merveille pour moi. Dieu me bénissait vraiment. Louange à lui !  Alors, un matin, je me suis rendue avec mon époux, chez ma fameuse tante qui me traitait comme une moins que rien, il y a de cela, quelques années. C’était une visite à dessein pour moi, mais surprise pour elle. Il faut rappeler que depuis que j’ai quitté la maison, je ne m’y suis plus retournée, même ne serait-ce que pour les saluer. En partant, j’avais acheté deux sacs de riz 50kg Uncle Sam avec des bidons d’huiles et parquets de savon sans oublier les pagnes, bazins, pommades et chaussures pour son cadeau. Une fois chez elle, sa surprise était tellement grande, qu’elle s’est évanouie lorsqu’elle m’a vu complètement changée. Ce n’est que, quelques temps après, qu’elle a pu retrouver sa mémoire et la clarté d’esprit. Ce jour-là, elle était en compagnie de ses enfants mais son mari était absent. Sans plus tarder, nous (mon mari et moi) donnions les nouvelles qui n’étaient rien d’autres qu’une visite et salutation familiale. Je sentais la gêne et la honte dans la voix de ma tante, lorsqu’elle prit la parole. Certainement, elle avait des remords concernant ce qu’elle m’avait fait subir. Pour moi, c’était du passé en tout cas. Après une heure du temps passée avec eux, je me suis dirigé vers la voiture en appelant ses enfants à venir m’aider pour prendre les cadeaux. Quand elle a vu les bagages avec lesquels je suis venue, elle a commencé à couler des larmes à son insu. Tellement, elle n’y croyait pas. Avant de prendre congé d’eux, mon mari et moi lui avons remis une somme de 50.000f. Et, sur ce dernier geste, elle est tombée en génuflexion en saisissant mon pied avec la tête baissée pour me demander pardon pour tout ce qu’elle a pu me faire de mal. Elle pleurait telle une fillette et je laissais couler des larmes aussi. Je l’ai aidée à se relever et je l’ai serrée dans mes bras en lui disant ces mots :  » Ma tante, sèches tes pleurs. Je te pardonne tout. Et sache que tu ne m’as rien fait de mal. Au contraire, j’ai beaucoup appris grâce à toi. Tu pensais me faire du mal mais, tu m’as plutôt ouvert la voie du succès. » A son tour de me répondre: « merci de me pardonner ma fille. Merci pour tout. Je regrette vraiment de t’avoir maltraitée. Merci et que Dieu te bénisse. » C’est sur ce mot de fin, que nous avons pu prendre congé d’elle finalement. Et voilà donc, la fin de mon histoire. J’aimerais dire à tous ceux qui me liront que la vie nous réserve trop de surprises. L’esclave peut aussi devenir le maître demain. L’essentiel dans cette vie, c’est de savoir saisir toutes les opportunités et ne rien prendre en mal même si c’est du mal qu’on vous inflige. Simplement avec un montant de 3000f, je suis aujourd’hui propriétaire de plusieurs magasins. Ne négligez rien qui puisse vous donner de l’argent légalement et proprement. Puis, croyez beaucoup en Dieu. Car, lui seul peut tout.
Par Michel ALIHONOU, in  » Monde cruel  » inédit.

 

Abidjan le 13 Mars à 01:10

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