« Soyons simples souvent. « 

Hier, à Cocody-riviera-palmeraie. Dans les rayons de 12h et 13h. Une boulimie me tenaillait le ventre. Donc, je cherchais désespérément un restaurant correspondant à ma bourse. En tout cas, ne comptez pas sur moi pour accrocher mon manteau là où ma main n’y arrive pas. Dans mon élan, je laissais mes billes se prostituer partout, dans l’optique de marquer un coup d’arrêt au restaurant qui me conviendrait. C’est ainsi, qu’avec un peu de renseignements à l’appui, je tombai sur un restaurant africain où tout bon Africain est censé se retrouver et se sentir chez lui. Au menu, il y avait du foutou banane, du placali, cabato ( la pâte de maïs) et du riz avec la sauce graine, arachide, aubergine et sauce claire. J’y ai pris place avec un ouf de soulagement. C’est alors qu’on me demanda aussitôt, ce que je voudrais ingérer. Moi, étant friand de mon met préféré, je n’ai pas hésité une seconde pour commander mon riz avec la sauce graine (rires 😀). Pendant ce temps, mon voisin de table dévorait déjà son plat de foutou à la sauce graine. Ce monsieur au corpulence adulte, ne pouvait rester inaperçu dans le restaurant, avec sa barbe et moustache blanchâtre. Il se bluffait en mangeant. Lol ! Comme nous aimons bien copier sur la civilisation occidentale, il vidait son plat de foutou avec une cuillère et une fourchette. Je rappelle qu’il était endimanché dans une chemise blanche fourrée dans un pantalon Noir, le tout reposant sur une paire de soulier noir qui scintillait visiblement. Alors, il réussit à finir son foutou sans problème. Mais, il lui restait son morceau de viande qu’il devait dévorer avec attention et appétit. Malheureusement, l’inattendu se produisit. En effet, d’un petit faux geste de manœuvre de la cuillère et la fourchette, le cher Monsieur s’est littéralement sali par un morceau mal piqué qui, au lieu d’être retenu par les dents, a plutôt bondi en cognant d’abord, le nez pour chuter sur la moustache, avant de glisser sur la barbe pour finir au sol en roulant sur la chemise blanche qui n’avait d’autre choix, que de sourire des grosses taches d’huile rouge. Soudain, tout le monde avait les yeux rivés sur mon voisin de table qui avait l’air mécontent. Certains avaient de la peine pour lui et d’autres se moquaient. Dans ce contraste, un client se leva et se dirigea vers la caissière en martelant ces mots :  » Africain même c’est pas la peine quoi. Tu es Africain, mange comme un Africain, tu veux te jouer les blancs ou les dangereux ici. Voilà ça maintenant. Yako mon frère ! Madame, pourrais-je avoir ma monnaie svp ?  » Quand il eut fini, tout le monde s’est mis à rire à cause de la façon dont il faisait les gestes en parlant. C’était hilarant ! Quant à moi, je me contentais de finir mon plat pour aller vaquer à mes préoccupations.

Michel Alihonou

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